Quelques heures avant : Et nous y voilà !
THE objectif de la saison 2009 : participer à mon 1er « vrai » LD (4-120-30) et le finir aussi bien que j’ai terminé le Marathon de Paris en 3:28 deux mois plus tôt. Pour cela, Paul
et moi avons tout mis en œuvre : une préparation, bien que trop courte, assez structurée, variée et rigoureuse, plusieurs jours de congés (merci aussi à Mauro qui a pointé son nez 1 mois avant
la course et qui m’a donné une bonne raison de poser autant de jours) pour récupérer et prendre un bon rythme, une bonne hygiène alimentaire et ça devrait rouler sans problème !
La dernière semaine aura été plus « light » en terme de charge, mais le stress est là « vais-je réussir à tenir la distance ? vais-je tenir la route ? ne serais-je pas trop
ridicule par rapport à d’autres amis sportifs qui seront présents eux aussi ? ne vais-je pas décevoir Paul qui sera sur le parcours ? et ma petite famille pour tous les sacrifices qu’ils
ont fait ? ». THE coach cherche à me rassurer, mais rien de mieux qu’une dernière séance Jeudi matin, en CàP, avec au programme 2x3000 en 4’40 … tournés au poil entre 4’30 le 1er km et
4’39 les suivants …
Histoire de ne pas être trop stressé par le voyage, par une précipitation excessive et autre, départ du Luxembourg Jeudi en début d’après-midi. Arrivée 3:30 plus tard sur Héricourt, à quelques km
de Belfort, chez la famille qui nous hébergent (merci, merci, merci). On partira quand même à la recherche d’un Décathlon pour les petits achats de dernière minute (barres, boissons, gel, etc
…).
La matinée de Vendredi sera consacrée à la détente et aux courses non effectuées la veille pour cause de magasin déjà clos. Pour la suite de la journée, direction le lieu de la course : le
Site du Malsaucy. Au programme : retrouvailles avec Paul qui me suivra/supportera/conseillera/encouragera/etcaetera … pendant la course, retrait de dossard pour le LD du Samedi et le CD du
Dimanche. C'est marrant, ceux sont les championnats de France, mais il n'y a pas un pecno, pas une ambiance aussi chargée que sur d'autres "petites courses de campagne" ... Etonnant ! On
décide ensuite de partir repérer le parcours en voiture, avant d’essayer de retourner « à la maison » pour prendre la combine, histoire de tâter l’eau … "C'est bon, la parcours est assez
selectif, mais pas trop trop difficile. Il faudra être patient dans le 1er tour, raisonable dans le second pour attaquer, mais pas trop dans le 3ème, histoire de rester frais pour la course à pied.
Aller, ça va aller" ... ahh, merci Paulot ! Une fois ce parcours re-découvert (c'est sensiblement le même que l'an dernier), on file à l'hébergement, on prend la combine, et on retourne au Lac.
Entre temps, Arnaud, parti plus tard que prévu de Rouen, arrive enfin, juste à temps pour récupérer son dossard. On bricole encore un peu les vélos (bah oui, je suis plutôt genre bourrin ... je
fais un peu toujours tout à la dernière minute !!!), et on file les déposer dans le parc. L'ambiance est vraiment "étonnante" de légèreté et de "confidentialité" pour des Championnats de France !
tout aussi étonnant : le manque de contrôle des vélos à l'entrée du Parc ! Sympa, il y a des "housses" en plastique recyclé pour chaque concurent. Je ne sais pas si ça servira à grand chose,
vu l'épaisseur et le déluge qu'ils annoncent pour la nuit, mais laissons-nous tenter ... et puis ça fait toujours plus "pro" de mettre sa housse la veille !
Ca y est, tout est presque prêt, les vélos sont déposés, nous sommes revenus à Héricourt, et avons préparé les sacs pour demain. On avale une bosse assiette de pâtes, accompagnée d'un magnifique
Blanc de Dinde, quelques discussions histoire de faire retomber la pression, et à 22h30, tout le petit monde est au lit, bien au chaud dans les bras de Morphée.
Le Jour J : ...
3h30, réveil. D'habitude, j'aurais eu du mal à me sortir du lit, mais là, l'objectif en vue, l'excitation, et tout ce qui va avec me fait bondir avant même que le réveil ne sonne. Petit dej' à base
de pâtes au sucre, de pain aux céréales et un bon Capucino, et nous revoilà dans la voiture de Paul, en route pour le départ. Il est 5h08, on avait prévu de partir à 5h, mais tout va bien, pas de
panique.
5h30, on attend avec impatience devant l'entrée du Parc, mais les arbitres ont eu du mal à se lever ... Au final, on rentrera quelques minutes plus tard .... Pas trop de stress, surtout quand je
vois que devant moi, Julien LOY et consort se font marquer. Petite anecdote : les Elites avaient, dans leur package d'avant course, des tatoos avec leur numéro, à apposer sur le bras et le mollet
gauche. Quasiment aucun ne l'a utilisé ... mais encore une fois, je constate qu'en France, on fait bien la différence entre les Elites, objet de toutes les convoitises, et ... bahhh les autres
...
6h30, Paul me fait faire quelques échauffements, et je flippe un peu, puisque le timing est un peu serré pour un départ à 7h00. Tous sont déjà en combine, au bord de la plage, que moi, je suis
encore en train de chauffer très légèrement ... mais je m'en remets au coach ! Du coup, je me déshabille vite fait et j'enfile ... le maillot de bain. Vu le temps, on s'est dit qu'il vallait mieux
nager en maillot sous la combine, histoire d'enfiler la trifonction sèche ensuite. Bonne idée ...
6h50, je suis au bord de l'eau. On fait quelques longueurs pour chauffer avec l'ami Nono et on se prépare.
Et plouf !
7h00 : PAN, c'est parti. Je me souviens des conseils de Paul : rapide dans les premiers mètres pour s'extirper du groupe, et on y va, à bonne allure, avec des mouvements bien longs et en poussant
bien derrière. Dès les premiers mètres, je pose ma nage. Les sensations sont assez bonnes, mais chaque 50m (50 mvts quoi, je les compte, ça m'occupe ...), je fais un mouvement de brasse pour me
réorienter et respirer convenablement .... je n'arrive pas à bien respirer, c'est usant ! 1ère bouée à virage = 800 m. OK, même si je ne respire pas bien, j'ai de bonnes sensations. En route pour
la deuxième bouée. Entre les bouées, on frôle la rive, et je vois plusieurs "sportifs ??" profiter d'une profondeur de l'eau qui se réduit et courir sur le fonds, au lieu de nager ... Et les juges,
ils sont où ??? Bref, pas pour moi. Même si du coup, à cet endroit, l'eau est plus que trouble, à cause de la vase qu'ils déplacent, je continue à essayer de poser correctement ma nage. Ca y est,
2ème bouée = 1600 m. Plus que 2 x 200 avant la sortie à l'Australienne ! Au bord, que l'on frôle encore, j'aperçois Paul qui me fait signe d'allonger le mouvement. "OK coach ! Comme ça, c'est bon
?" Forcément, il ne m'entends pas, mais quand on part pour 4000m, même s'il faut se concentrer sur sa course, il faut bien déconner un peu aussi pour se "distraire" !!! 3ème bouée = 1800m, la
moitié arrive, ça remotive. Et voilà, 2000m. 32', pas si mal. Je sors de l'eau avec impatience, espérant retrouver un semblant de souffle. Au lieu de ça, je "gagne" une petite remontée de mon petit
dej' et une galette, une ! Pas grave, on continue, la sortie à l'Australienne va vite, mais ça fait du bien de se relever un peu et de repartir de plus belle !
Le second tour ressemblera grandement au 1er, à ceci prêt que je sens la pluie qui commence à tomber et que l'orientation sera meilleure. Je sors quand même en 1:08'14". Je pensais avoir mieux tourné le second tour, mais il faut croire que non !
Roule ma poule !
Ca y est donc, je suis sorti de l'eau. T° de l'eau : 21°C, T° extérieure : 8°C ... V'là le changement ! J'entends Paul qui me félicite et m'encourage, super, ça fait du bien ! Direction le vélo.
Aller, j'ai répété les geste : enlever la combine, mettre la trifonction, la veste CAEG, puisqu'il fait froid, le casque, le dossard, et on y va. Tout se déroule comme prévu, même si j'ai un peu la
tête qui tourne. Pour l'idée de la trifonction sèche à enfiler à la transition, pas mal, mais encore aurait-il fallu qu'il ne pleuve pas pendant la natation ... Les affaires sont toutes trempées !
J'ai froid ! David sort de l'eau un peu après moi (1:09'20"). Ca me motive un peu de voir que je fais une meilleure natation que lui, alors qu'il se prépare pour Nice ! Je suis prêt, j'attrape
Super Bikey, je cours vers la sortie du Parc, et j'enfourche ma monture à la ligne. Heureusement que Paul me répète "faut s'alimenter", j'avais un peu zappé. 1 barre, un gel, de l'eau, je boucle
les chaussures, et je m'élance ... enfin, je me traîne ! David me passe à moins de 2 km du départ, et pour le résumé du vélo, c'est assez simple : bien que j'essaie de positiver, il pleut, j'ai
froid, j'ai mal aux jambes, je souffre, et chaque tour est plus difficile que le précédent ... Surtout que le parcours n'est pas véritablement difficile, mais plutôt errintant, puisque en
relance incessante. Il n'y a "que" la moitié de grimpette, en faux plats et coups de culs, mais c'est dur ! Je pense que j'aurais préféré me taper de vrais cols de montagne, plutôt que d'avoir un
parcours aussi "technique"
! J'en termine tout de même en 3:58'41" ... ouf, moins de 4h ! Mais quelle souffrance !
Tu sais mettre un pied devant l'autre ?
Voilà, c'est fini pour le vélo, place à la Course à Pied. 30 km, ce n'est pas rien. Le vélo est posé sous le soleil, j'enlève la veste de vélo, et j'ai bon espoir que ça se maintienne. Cool, on va
se réchauffer et courir avec plaisir. Hier, en discutant avec Paul, on se disait : les 5 premiers km, tranquilles en 5 / 5'15 / km, puis on accélère pour finir vers 4'30 ... Il confirme en me
lançant ses derniers conseils pendant que je fais ma transition. Mouais, ça, c'est dans le meilleur des mondes. En réalité, je parts "tranquille" pour le premier tour de 7,5 km. Au cardio, je suis
+/- à 5'15. C'est nickel. Paul que je revois un peu plus loin confirme, le geste semble bon. Le parcours est assez exigeant : on part du Parc, on passe en sous-bois, c'est plat. En sortant du bois,
on attaque la grimpette sur revêtement caillouteux, donc pas stable du tout, avant de faire un tour dans le petit village au "sommet" et de redescendre. La redescente vers le Parc est assez
identique : descente sur chemin caillouteux, passage en sous-bois, passage devant l'arrivée, des mini-tours interminables autour du Parc, et on recommence ! 1ère grimpette, même si le sol n'est pas
très stable, ça passe tranquille. Au demi-tour, ça va encore. Je croise David qui a une foulée d'enfer. Il a l'air bien, très bien ! Je relance dans la descente, surtout que Frederic BELAUBRE,
présent sur le parcours en train de faire sa mise en train pour demain, encourage TOUS les participants ... et c'est en arrivant vers le Parc que ça devient dur. Pour le second tour, je pense que
je vais rester comme ça, à +/- 5'15 au km. Je commence à marcher. Avec le recul, je ne sais même pas pourquoi. Nerveusement, je suis HS + une combinaison de plus de jambes, plus de palpitant, plus
rien ! Bon, OK, j'ai marché 100m, je repars. La grimpette et Delphine PELLETIER, qui entame son dernier tour, passe devant moi. Quelle foulée, quelle élégance, quelle impression de facilité, malgré
tout ! Au retour, passage dans les sous-bois et le temps commence à se gâter ! En revenant vers l'arrivée, pour boucler le 2ème tour, je me déleste de la ceinture du cardio qui m'empêche de
respirer, et ... c'est le déluge ! On se tape un orage glacial avec des gouttes d'eau, pas des grêlons, bien des gouttes, grosses comme des billes ! Quelques minutes plus tard, ça se calme, et je
pars pour le 3ème tour. Dans le sous-bois, pendant que je marche, je re-croise David qui part pour son dernier tour "vas y Mano !" "J'ai plus rien !!!" "Alimentes-toi bien, bois et tu vas repartir
!". Discussion assez courte, puisqu'il file le gars ! je me sors les doigts et je repars avec une motivation décuplée (faut dire, de 2%, je suis passé à 10% !). Sortie du sous-bois, la grimpette
commence. C'est dur, mais Paul qui est sur le côté m'encourage et me dit de m'accrocher à la fille qui vient de me passer. OK, on va essayer de finir ensemble. En haut de la côte, je croise Nono
qui souffre. Il a quand même un tour d'avance sur moi !!!!! La fin de la CàP sera tout en souffrance, mais sans relâcher, et sans marcher, puisque je m'accroche à Magali et on finira toute la
course ensemble. On passera même la ligne, sous la flotte, main dans la main, heureux d'en avoir terminé et surtout de s'être mutuellement motivé.
Et ????
Et une fois la ligne franchi, je suis envahi de beaucoup d'émotion. Déjà parce que c'est fini, mais surtout parce que je ne comprends pas. Je suis HS, mais en même temps, pas tant que ça. En
courant, je ne pouvais pas donner plus, et pourtant, j'ai l'impression d'en avoir encore sous le pied. Je rédige ces lignes plusieurs jours après la course, et la sensation est toujours aussi
étrange. Fatigué, mais pas "défoncé" ... Peut-être est-ce dû à l'effort assez long, ou à la difficulté morale de supporter cet effort, et le temps diluvien qui s'est acharné contre nous ... Ce sera
un final à la 110ème place sur 184, en 7:58'29. Ouf, moins de 8 h ! En tout cas, cette 1ère expérience du long a été, bien que difficile, extraordinaire ! Ca donne envie, après une bonne
récupération, d'en remettre une couche. Maintenant je le sais, JE VEUX et je peux monter sur distance Ironman ... road to Roth 2010 !
Et les autres ?
Pour les autres que je connais, dans l'ordre d'arrivée :
LEBRAT David : 7:02'08"
CINTUREL Arnaud : 7:20'00"
DI MICELI Ermanno : 7:58'29"
LACROIX Eric : 9:21'05
Un GRAND, ENORME, GIGANTESQUE merci !!!
Après tout ce temps consacré à la préparation de cet objectif 2009, je voulais tout de même remercier tous ceux qui m'ont aider à y arriver. D'abord Paul pour ses conseils, ses plans, son soutient
et tout ce qu'il a fait pour moi. Ensuite, et bien sûr, ma famille. Beaucoup de sportifs le savent, quand on veut préparer de telles courses, aussi longues et exigeantes, il faut consacrer beaucoup
de temps à sa préparation (et je suis très loin d'être bon), et c'est souvent la famille qui doit faire beaucoup de sacrifice : pour supporter notre absence (surtout avec Mauro né il y a 1 mois),
pour nous accompagner sur les courses de préparation, malgré les intempéries, la fatigue, etc. C'est aussi la famille qui est en première ligne de notre mauvaise humeur lorsque nous sommes
fatigués, usés par l'entraînement et le stress de la compétition qui arrive. Pour tout ça, pour votre soutient, pour votre amour, et vos sacrifice, merci mes chéris d'amour. Merci Ryan, merci Eva,
merci Tina !
Bonnes séances à toutes et à tous !
Mano
Profil de Ermanno Di Miceli |
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